Tandis que, bêtement...
Joëlle Stagoll  

Tandis que...

Dernière version le 17 mars 2014.



Parfois j’ai l’impression que quelqu’un crie
quelqu’un ou quelque chose


un cri muet… peut-être
le cri des couleurs qui s’éteignent
quand chaque jour par milliers des papillons meurent…
peut-être
le cri que n’a pas poussé
le malade souriant bien loin de savoir
qu’on l’emmène au bloc opératoire
pour un aller sans retour…
le cri que n’a pas poussé
l’enfant bombardé pendant son sommeil…

le soldat fauché d’une balle dans le dos…
le passant qui croyait
qu’il aurait le temps
de traverser la rue pour se mettre à couvert…
et le cri
aussi
du tout petit
après trois jours et trois nuits
retrouvé vivant sous les décombres
et l’éclatement muet
des milliers de couleurs des milliers de papillons
qui chaque jour renaissent
et ces voiliers là-bas
dont la blancheur multiple
miroite à l’horizon
tandis que bêtement
sur un banc au soleil
je regarde le lac et j’en respire l’odeur
et le bruit qui se brise
des vagues contre les pierres.

Stag


*Joëlle Stagoll nous a quitté le 20 février 2016. Elle avait terminé ce qui sera son dernier roman, et disposait d'une collection de ces slams qu'elle a jusqu'au bout mis en valeur lors de soirées consacrées àce genre de poésie. Nous sommes heureux de pouvoir poursuivre la publication de ces poèmes selon la forme jusqu'ici pratiquée dans Courant d'Idées, et nous remercions les filles de Joëlle. Cendrine et Sylvie, de nous en avoir donné l'autorisatiom Ces textes sont mis en ligne tels que nous les avons trouvés.sans savoir si l'auteur les aurait livrés ainsi. S'il y a plusieurs versions sans indication de version définitive, la plus récente est retenue.(pik)




Tandis que...

Dernière version le 17 mars 2014.



Parfois j’ai l’impression que quelqu’un crie
quelqu’un ou quelque chose


un cri muet… peut-être
le cri des couleurs qui s’éteignent
quand chaque jour par milliers des papillons meurent…
peut-être
le cri que n’a pas poussé
le malade souriant bien loin de savoir
qu’on l’emmène au bloc opératoire
pour un aller sans retour…
le cri que n’a pas poussé
l’enfant bombardé pendant son sommeil…

le soldat fauché d’une balle dans le dos…
le passant qui croyait
qu’il aurait le temps
de traverser la rue pour se mettre à couvert…
et le cri
aussi
du tout petit
après trois jours et trois nuits
retrouvé vivant sous les décombres
et l’éclatement muet
des milliers de couleurs des milliers de papillons
qui chaque jour renaissent
et ces voiliers là-bas
dont la blancheur multiple
miroite à l’horizon
tandis que bêtement
sur un banc au soleil
je regarde le lac et j’en respire l’odeur
et le bruit qui se brise
des vagues contre les pierres.

Stag


*Joëlle Stagoll nous a quitté le 20 février 2016. Elle avait terminé ce qui sera son dernier roman, et disposait d'une collection de ces slams qu'elle a jusqu'au bout mis en valeur lors de soirées consacrées àce genre de poésie. Nous sommes heureux de pouvoir poursuivre la publication de ces poèmes selon la forme jusqu'ici pratiquée dans Courant d'Idées, et nous remercions les filles de Joëlle. Cendrine et Sylvie, de nous en avoir donné l'autorisatiom Ces textes sont mis en ligne tels que nous les avons trouvés.sans savoir si l'auteur les aurait livrés ainsi. S'il y a plusieurs versions sans indication de version définitive, la plus récente est retenue.(pik)




paru le 18 février 2018