Errare humanum est
Jean-Claude Crevoisier  

L’erreur est humaine. La belle excuse ! Mais celui qui ne prend pas la mesure de ses erreurs se condamne à les continuer sans fin.

S’intéresser aux causes ...

Tant que l’erreur implique seulement celui qui l’a commise, ce n’est pas trop grave. Mais, dans la réalité, ce cas de figure se présente rarement. Et lorsqu’une erreur entraîne des effets négatifs sur d’autres personnes ou sur des collectivités, il est impardonnable de la laisser se reproduire.

Les erreurs de tous ceux qui exercent un pouvoir, politique ou administratif, ne devraient pas rester sans suite. Nous laisserons ici de côté celles qui se résolvent, a posteriori quand le mal est fait, devant les tribunaux. Mais même dans de tels cas, il n’est pas certain que des mesures soient prises pour éviter à l’avenir leur répétition.

Aux niveaux cantonal ou communal, certaines erreurs découlent de l’application, bête dirons-nous, d’une législation ou de réglementations inadaptées qu’on n’a pas pris le soin de corriger. D’autres sont dues des dysfonctionnements ou à des défauts d’organisation de services, parfois manifestes et même avérés, que les responsables n’ont pas jugé utile d’amender. Par paresse ?, Par aveuglement ? Ou simplement par incompétence ? Il arrive parfois aussi que le blocage soit attribuable à l’inadéquation technique ou plus souvent relationnelle d’un agent de la fonction publique. Chacun de ces différents défauts appellerait des corrections spécifiques.

pour savoir où et comment intervenir

Dans l’ensemble, le public semble se satisfaire de l’occasion qui lui est donnée de sanctionner, si nécessaire tous les quatre ans, les dépositaires de la puissance publique. Seules les victimes de se qu’elles considèrent, à tort ou à raison, comme une faute commise à leur détriment sont amenées à se plaindre et à en garder rancune. Mais cela ne fait pas le nombre nécessaire pour pousserait les autorités à éliminer les causes d’une éventuelle injustice.

Les plus obstinés d’entre eux et éventuellement les plus connus pourront peut-être trouver un média qui acceptera d’accueillir leur plainte et leur légitime indignation à la rubrique des « lettres de lecteurs ». Les plus chanceux (si l’on peut dire) bénéficieront éventuellement des colonnes d’un organe spécialisé dans la dénonciation des scandales régionaux pour décharger leur exaspération.

Les intéressés y trouveront peut-être la satisfaction d’avoir pris le monde à témoin de leur malheur. Mais l’exercice restera en général sans effet concret. Car personne n’établit aujourd’hui un inventaire sérieux, détaillé et surtout documenté de telles doléances. Ce qui exclut évidemment la possibilité d’intervenir sur les causes, qui peuvent être récurrentes, de ces mécontentements individuels autant que dispersés.

Les solutions ? Il appartiendrait à l’autorité publique de mettre en place le dispositif d’enregistrement et de qualification des plaintes des administrés. Soit un système officiel de médiation. À défaut, une association privée de défense citoyenne pourrait remplir ce rôle. Encore faudrait-il alors que les rapports établis périodiquement par cette institution trouvent un écho positif en haut lieu.

jean-claude..crevoisier(arobase)courant-d-idees.com

paru le 30 avril 2017